Pour leur gestion à court terme (et notamment pour leur traitement et leur entreposage provisoire), les déchets radioactifs (conditionnés ou non) sont répartis en trois grandes catégories. L'appartenance à une catégorie se justifie principalement par le niveau d'activité des déchets (c'est-à-dire le nombre de désintégrations nucléaires qu'ils connaissent par unité de temps) ainsi que par la nature des rayonnements qu'ils émettent (la présence ou non d'une contamination alpha peut par exemple influencer le type de traitement qui sera appliqué au déchet). Pour le transport et l'entreposage des déchets radioactifs, un troisième facteur entre en ligne de compte : le niveau de contamination à la surface.
Ces différents facteurs déterminent quels moyens doivent être utilisés pour se protéger contre les rayonnements émis par les déchets (blindage et confinement), quels vêtements de protection doivent être portés pour travailler en toute sécurité et combien de temps les travailleurs peuvent rester exposés sans danger aux rayonnements.
Les déchets de faible activité sont les déchets radioactifs dont le débit de dose au contact (dose à laquelle un individu est exposé au contact) est inférieur à 5 milliSievert par heure. Leur production et leur traitement ne nécessitent que des mesures minimales de blindage. Les personnes qui s'occupent de leur traitement portent une tenue de protection, généralement une combinaison plastifiée, des gants et parfois un masque avec filtre pour garantir la pureté de l'air qu'ils respirent.
Ces déchets proviennent de la production d'électricité au moyen de l'énergie nucléaire (exploitation des centrales nucléaires et fabrication de combustibles nucléaires neufs), des applications de la radioactivité en médecine, en agriculture et dans l'industrie, et surtout du déclassement des installations nucléaires mises à l'arrêt.
Il s'agit par exemple de filtres, résines, pièces d'équipements de protection (vêtements, gants,...), papier, déchets biologiques, béton activé, résidus du traitement des eaux usées dans les centrales nucléaires ou encore de certains déchets de déclassement, qui sont entrés en contact avec des substances radioactives.
Les déchets de moyenne activité sont les déchets radioactifs dont le débit de dose au contact se situe entre 5 milliSievert et 2 Sievert par heure. Leur traitement doit se faire dans un espace fermé et blindé. Le personnel est protégé par des murs en béton et des vitres de verre blindé. Toutes les manipulations se font à l'aide d'appareils commandés à distance.
La plupart de ces déchets proviennent de la fabrication et du retraitement des combustibles nucléaires, ainsi que des activités de déclassement. Certains filtres et résines des centrales nucléaires appartiennent également à cette catégorie.
Les déchets de haute activité sont les déchets radioactifs dont le débit de dose au contact est supérieur à 2 Sievert par heure. Ces déchets dégagent de la chaleur. Ils font l'objet des mêmes précautions que les déchets de moyenne activité. La seule différence est l'épaisseur du blindage, qui est toujours calculée de manière à réduire le plus possible le rayonnement subi par les opérateurs.
Ce sont les produits de fission issus du retraitement des combustibles nucléaires usés, les combustibles usés eux-mêmes s’ils ne sont pas retraités, et les éventuelles autres matières fissiles excédentaires.
En terme de volumes de déchets, environ 75% des déchets radioactifs sont de faible activité et environ 1% sont de haute activité (ceux-ci contiennent cependant à eux seuls 95% de l'activité totale des déchets radioactifs, toutes catégories confondues). Le restant est constitué de déchets de moyenne activité.