Dans l’élaboration de solutions de gestion pour les déchets radioactifs, l’ONDRAF accorde une attention particulière à l’aspect sociétal. Conformément au principe de participation, l’organisme exclut le recours à un processus décisionnel en vertu duquel une décision est prise puis annoncée et défendue. Au contraire, il invite la population à faire part de ses préoccupations et de ses exigences dès le début du processus décisionnel.
Cette démarche entraîne des interactions entre les nombreuses parties intéressées, comme les experts techniques, les représentants politiques et les collectivités locales. En se gardant d’établir une distinction nette entre les facteurs techniques et les facteurs sociétaux, l’ONDRAF tend vers un modèle où aspects techniques et sociétaux interagissent de façon continue et s’influencent mutuellement. Les échanges entre les différents acteurs permettent de gagner la confiance de toutes les parties et d’obtenir une perception commune de la problématique de la gestion des déchets radioactifs.
Les partenariats créés dans le cadre du projet cAt
Le développement du projet cAt repose sur une approche participative qui vise à créer les conditions d’un dialogue ouvert et structuré entre l’ONDRAF et les acteurs locaux disposés à s’y investir. Concrètement, la mise en œuvre de cette approche s’est effectuée par la création de partenariats locaux.
Dans le cadre de la recherche d’une solution pour la gestion à long terme des déchets de catégorie A, l’ONDRAF a en effet proposé aux collectivités locales qui le souhaitaient de participer au développement d’un projet intégré de dépôt final. Cette proposition a abouti vers l’an 2000 à la création de partenariats locaux entre l’ONDRAF et les communes campinoises de Dessel et de Mol.
Ces partenariats, appelés STORA (STudie- en Overleg Radioactief Afval Dessel) et MONA (Mols Overleg Nucleair Afval), prennent la forme d’ASBL et sont organisés de manière à constituer des forums représentatifs (ils rassemblent tous les acteurs locaux intéressés), indépendants (ils disposent d’un budget leur permettant d’effectuer les études nécessaires) et transparents (ils informent la population locale des résultats de leurs travaux).
Les partenariats sont structurés en groupes de travail thématiques et ont pour objectif de créer une situation « win-win », dans laquelle la collectivité locale ne reçoit pas simplement la charge d’accueillir les déchets radioactifs sur son territoire mais participe à l’élaboration d’un projet plus vaste qui lui offre de nouvelles perspectives. Ainsi, les partenariats de Dessel et de Mol ont fixé des conditions dites « associées », dont la réalisation est devenue indissociable du projet cAt. Ces conditions portent sur :
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la sûreté et le suivi de l’impact de l’installation de dépôt final sur la santé et sur l’environnement ;
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le maintien de la participation locale ;
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la création d’une plus-value sociale, économique et culturelle à court et à long terme ;
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la garantie du financement du projet dans son intégralité ;
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les retombées positives pour l’emploi.
Les initiatives prises dans le cadre de l’élaboration d’une solution pour la gestion à long terme des déchets des catégories B et C
Dans le cadre de l’établissement du Plan Déchets pour la gestion à long terme des déchets radioactifs conditionnés de haute activité et/ou de longue durée de vie et du Strategic Environmental Assessment (SEA) sur lequel celui-ci s’appuie, l’ONDRAF a choisi de procéder à une consultation sociétale plus large que celle requise par la loi du 13 février 2006.
À cet effet, une série de dialogues et une conférence interdisciplinaire ont été organisés en 2009, afin de donner l’occasion à des organisations de la société civile, à des experts et aux citoyens intéressés d’exprimer leurs préoccupations et leurs attentes en matière de gestion à long terme des déchets des catégories B et C.
Afin de disposer d’un input sociétal complémentaire, l’ONDRAF a demandé à la Fondation Roi Baudouin d’organiser un processus participatif indépendant. La fondation a choisi la formule d’une conférence citoyenne, représentative de la diversité de la société belge. Durant trois week-ends, de novembre 2009 à janvier 2010, un panel de 32 citoyens a cherché une réponde à la question suivante : « comment décider de la gestion à long terme des déchets radioactifs de haute activité et/ou de longue durée de vie ? ».
Ces consultations sociétales organisées à l’initiative de l’ONDRAF ont précédé la consultation publique prévue par la loi du 13 février 2006. Outre l’avis du public, les avis du Comité d’avis SEA, du Conseil fédéral du développement durable, des gouvernements des Régions et de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire ont été demandés.
La prise en compte des avis recueillis dans le cadre de ces processus participatifs ont amené l’ONDRAF à assortir la solution de gestion qu’il préconise de conditions en matière de récupérabilité des déchets mis en dépôt, de contrôle du bon fonctionnement du système de dépôt et de transfert des connaissances relatives au dépôt, conditions dont la portée exacte doit encore être délimitée en concertation avec l’ensemble des parties intéressées.
La version définitive du Plan Déchets a été transmise au gouvernement fédéral, pour permettre à celui-ci de prendre une décision de principe fixant une politique claire en matière de gestion à long terme des déchets des catégories B et C. Cette décision de principe n’est pas l’aboutissement du processus de participation. L’ONDRAF prévoit en effet de poursuivre, tout au long du développement et de la mise en œuvre de la solution de gestion choisie, un processus décisionnel par étapes, adaptable, participatif, transparent et assurant la continuité, en ce compris la continuité des connaissances.