Entreposage et suivi dans le temps

L’ONDRAF dispose sur son site de Dessel d’installations d’entreposage qui permettent de conserver, dans de bonnes conditions de sûreté, les colis de déchets conditionnés en attendant la mise en œuvre d’une solution adéquate pour leur gestion à long terme. Chaque colis entreposé est identifié; ses caractéristiques et sa position sont enregistrées.

La mise en place des colis s’effectue à l’aide de systèmes de manutention commandés à distance. L’épaisseur des parois des bâtiments d’entreposage varie en fonction des caractéristiques radiologiques des déchets : de quelques dizaines de centimètres pour les colis faiblement ou moyennement irradiants à près de deux mètres pour les déchets hautement irradiants. Le bâtiment d’entreposage qui accueille les déchets les plus radioactifs est même conçu pour résister à l’impact direct d’un avion.

Les bâtiments accueillant les déchets émettant de la chaleur sont équipés pour assurer leur refroidissement.

Les colis entreposés font l’objet d’un suivi dans le temps qui vise à vérifier qu’ils restent conformes aux critères d’acceptation qui étaient applicables au moment de l’acceptation. Le premier contrôle doit avoir lieu au plus tard trois ans après l’acceptation des colis et les contrôles ultérieurs au minimum tous les dix ans pendant la période d’entreposage.

Au total, au 1er janvier 2012, les bâtiments d’entreposage de l’ONDRAF contenaient 20 863 m3 de déchets conditionnés de toutes catégories, ce qui correspond à 59 061 colis.

Une solution durable ne peut imposer de charges excessives aux générations futures. L’entreposage des déchets radioactifs n’est, à ce titre, qu’une option provisoire car, si cette option était prolongée, elle entraînerait pendant de longues périodes des charges très lourdes en matière de surveillance ou d’entretien.

Installations d'entreposage

Les déchets de faible activité sont entreposés dans trois bâtiments dotés de murs en béton armé allant de 25 cm à 45 cm d’épaisseur.

Le bâtiment 150 a été mis en service en 1986 pour doter la Belgique d’une solution d’attente à la suite de l’adhésion du pays au moratoire international sur le rejet en mer des déchets radioactifs. D’une capacité de 2 000 m3, il est rempli depuis la fin des années quatre-vingt.
Le bâtiment 151, mis en service en 1988, est équipé de deux ponts roulants dont un commandé à distance depuis une salle de contrôle. Sa capacité totale a été portée en 1994, par la construction d’une extension, de 6 300 à 14 700 m3. Au 1er janvier 2012, ce bâtiment contenait 13 694 m3 de déchets, soit 34 289 colis.
Le bâtiment 155, mis en service en 2005, est spécialement conçu pour accueillir, après traitement et conditionnement, les déchets radifères et plutonifères de faible activité. Il se compose de deux halls, d’une capacité de 2 000 m³ chacun, l’un accueillant les déchets radifères, l’autre les déchets plutonifères. Au 1er janvier 2012, ce bâtiment abritait 866 m³ de déchets, soit 2 165 colis.

 

Les déchets de moyenne activité sont entreposés dans un bâtiment doté de murs en béton armé de 80 cm d’épaisseur.

Le bâtiment 127, aussi connu sous le nom d’« Eurostorage », a été mis en service en 1980, au terme de six années de construction, et a connu une extension et une adaptation. Il est équipé d’un système de commande à distance comparable à celui du bâtiment 151 et possède une capacité de 4 650 m3. Au 1er janvier 2012, ce bâtiment contenait 3 799 m3 de déchets, soit 15 686 colis.

 

Les déchets de haute activité émetteurs de chaleur sont entreposés dans trois bâtiments dotés de murs en béton armé allant jusqu’à 1,7 m d’épaisseur. Ces bâtiments ont été conçus pour résister à des conditions externes extrêmes, comme des séismes, explosions ou chutes d’avions militaires. Leur durée de vie est de 75 à 100 ans. Les conteneurs, qui y sont manipulés à distance à partir d’une salle de commande blindée, sont empilés dans des puits équipés d’un système de ventilation destiné à évacuer la chaleur qu’ils dégagent.

Le bâtiment 129, mis en service en 1985, a une capacité de 250m3. Il contient 195 m3 de déchets conditionnés de haute activité provenant de la vitrification dans l’installation PAMELA des 860 m3 de déchets liquides d’Eurochemic. Depuis 1995, il contient également des déchets cimentés de moyenne et de haute activité provenant des réacteurs BR2 et BR3 du SCKŸCEN et de l’exploitation et du démantèlement partiel de PAMELA. Au 1er janvier 2012, le volume entreposé est de 215 m3, ce qui correspond à 2 335 colis.
Le bâtiment 136, dont la construction a débuté en 1990 et qui a reçu sa licence d’exploitation en 1995, est destiné à l’entreposage des déchets de moyenne et haute activités provenant du retraitement à l’étranger de combustibles usés déchargés des centrales nucléaires belges. Ce bâtiment modulaire peut abriter 600 conteneurs de déchets vitrifiés de très haute activité et 1 000 m3 de déchets cimentés ou compactés de moyenne et haute activité. Des modules complémentaires peuvent, si nécessaire, accroître sa capacité. Les premiers colis de déchets ont été entreposés en 2000. Au 1er janvier 2012, ce bâtiment contenait  390 conteneurs de déchets vitrifiés et 144 conteneurs de déchets compactés.
Le bâtiment 156, dont la construction a débuté en 2001, a été spécialement conçu pour l’entreposage à sec des combustibles irradiés provenant du réacteur BR3 du SCKŸCEN. Les assemblages de combustible ont été transportés du BR3 au bâtiment 156 fin 2002. Ils y resteront pendant une période d’environ 50 ans, en attendant d’être traités ou conditionnés tels quels en vue de leur mise en dépôt final.