Gestion à long terme

Cela fait trente ans que l’ONDRAF étudie toutes les pistes possibles pour doter le pays de solutions durables pour la gestion à long terme des déchets radioactifs. Une solution durable ne peut imposer de charges excessives aux générations futures. La manière la plus sûre de gérer les déchets radioactifs sur le long terme consiste à les isoler de l’homme et de l’environnement durant le temps nécessaire.

Les déchets de catégorie A (déchets de faible et moyenne activité et de courte durée de vie) possèdent des caractéristiques qui les rendent parfaitement compatibles avec les capacités d’accueil d’un dépôt final en surface. Moyennant la mise en place d’une combinaison de barrières robustes et l’organisation d’une surveillance appropriée après fermeture du dépôt, les déchets de catégorie A peuvent y demeurer en toute sûreté pendant plusieurs centaines d’années, soit le temps qui est nécessaire pour voir leur radioactivité diminuer, par décroissance naturelle, jusqu’à un niveau suffisamment bas pour que le déchet ne soit plus considéré comme un risque radiologique.

Le 23 juin 2006, le Conseil des ministres a donné son feu vert à la poursuite de l’élaboration du projet intégré de dépôt final en surface des déchets de catégorie A sur le territoire de la commune de Dessel. Ce projet est qualifié d'intégré parce qu'il regroupe, dans un seul ensemble, le projet de dépôt proprement dit ainsi qu’une série d’initiatives de nature socio-économique qui apportent une réelle plus-value pour les collectivités locales. Ce projet de dépôt final a été élaboré en dialogue étroit avec les représentants locaux au sein des partenariats créés avec les communes concernées. Le processus participatif, initié avec succès à la fin des années nonante, fonctionne toujours à plein régime.

Pour être en mesure d’accomplir sa mission dans son intégralité, l'ONDRAF doit disposer d'une solution définitive pour tous les déchets radioactifs dont il a la charge. Il est reconnu, au niveau international, que la mise en dépôt final des déchets de catégorie B et C (déchets de haute activité et/ou de longue durée de vie) au sein de formations géologiques profondes et stables constitue une solution de gestion à long terme très sûre, au regard des périodes extrêmement longues pendant lesquels les déchets en question conservent leur dangerosité, soit des centaines de milliers d’années.

La Belgique examine depuis 1974 la possibilité d’enfouir les déchets des catégories B et C dans une couche d’argile profonde, ce qui fait d'elle un des pays précurseurs dans ce domaine. Les travaux de recherches menés depuis des décennies par l’ONDRAF en collaboration étroite avec le Centre d’étude de l’énergie nucléaire, à Mol, et nombre de bureaux d’étude, centres de recherches et universités belges ou étrangers, ont pour but de s’assurer que l’enfouissement des déchets des catégories B et C dans une couche d’argile profonde est une solution techniquement réalisable et qu’elle est en mesure de garantir à très long terme la sûreté de l’homme et de l’environnement. Avec la remise, en 2011, du Plan Déchets pour la gestion à long terme des déchets de haute activité et/ou de longue durée de vie, l’ONDRAF fait au gouvernement des propositions très concrètes et solidement argumentées pour la solution de gestion à long terme qu’il préconise : la mise en dépôt profond des déchets des catégories B et C dans une argile peu indurée.

Quelle que soit la solution qui sera choisie par le gouvernement, l’ONDRAF mettra tout en œuvre pour que soit conservé, à chaque étape, l’indispensable équilibre entre les quatre enjeux fondamentaux de toute entreprise durable : la technique, la protection de l’homme et de l’environnement, l’économie et l’éthique. Cet engagement garantit que la solution mise en œuvre sera une solution techniquement faisable, sûre, équitable et acceptable.