Radioactivité
 
 
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Les opérations de traitement des déchets radioactifs visent à concentrer et à confiner la radioactivité dans des colis aptes à être manipulés et entreposés provisoirement en attendant qu'une décision soit prise en ce qui concerne leur gestion à long terme. Ces opérations comprennent essentiellement deux étapes :

premièrement, la réduction au maximum du volume des déchets ;
deuxièmement, la stabilisation des déchets dans une matrice d'immobilisation et leur confinement dans un emballage primaire.

(L'ensemble [stabilisation et confinement] est aussi appelé conditionnement.)



La réduction du volume

La réduction du volume vise à concentrer le plus possible la radioactivité afin de réduire le volume de matières à considérer comme déchets radioactifs. Les techniques varient en fonction de la nature des déchets.

Les déchets solides combustibles sont réduits en cendres dans un incinérateur industriel à une température de 900°C. Les gaz de combustion sont filtrés et contrôlés avant d'être rejetés dans l'atmosphère. Les cendres sont versées dans un fût en acier de 200 litres, qui est compacté sous une presse de 2.000 tonnes. Le produit obtenu est une galette de 40 cm d'épaisseur maximale.

Les déchets solides non combustibles mais compressibles sont rassemblés dans le même type de fûts en acier de 200 litres puis compactés sous la presse de 2.000 tonnes. Les déchets non compressibles sont, eux, découpés en morceaux.








Les galettes.
 

Le volume de déchets radioactifs liquides peut être réduit de trois manières : un traitement chimique, un traitement thermique ou une incinération.

Le traitement chimique est un traitement de floculation, par lequel se forment des flocons sur lesquels se fixent les substances radioactives. Décantés, ces flocons produisent des boues résiduaires qui sont filtrées et séchées, tandis que l'eau purifiée est contrôlée avant d'être rejetée.
Le traitement thermique, lui, consiste à porter les déchets liquides à ébullition, ce qui conduit à un résidu sous forme de boue radioactive et à des vapeurs qui sont condensées puis rejetées après contrôle.
  L'incinération de certains déchets liquides organiques ou gazeux de faible activité se déroule dans le même incinérateur que celui utilisé pour les déchets solides combustibles. Déchets liquides et solides ne sont cependant jamais mélangés durant la combustion.



La stabilisation et le confinement

Après avoir réduit le volume des déchets, encore faut-il obtenir un matériau compact, chimiquement stable et non dispersable, et ce afin d'en faciliter la manutention ultérieure.

Les déchets radioactifs solides (galettes de déchets compressés et déchets non compressibles découpés) sont confinés dans des fûts en acier cylindriques de 400 litres résistant à la corrosion (hauteur : 1.07 m ; diamètre : 0.77 m). Ils sont ensuite stabilisés à l'aide d'une matrice de ciment, de mortier ou de béton, qui est coulée dans les fûts. Une fois rempli, un fût pèse le plus souvent environ 1 tonne.

Les boues radioactives, provenant de la réduction du volume des déchets liquides, sont séchées, mélangées de manière homogène à du bitume (stabilisation) et coulées dans des fûts en acier de 200 ou de 400 litres (confinement).

A partir de déchets radioactifs bruts et hétérogènes, on obtient donc un produit standard : un fût de 400 litres pouvant être aisément manipulé. Après sa fermeture, chaque fût reçoit sa propre fiche d'identification indiquant l'origine, l'inventaire radioactif et les caractéristiques physiques et chimiques de son contenu.
Coupe d'un fût de 400 l. On distingue
les différentes galettes et
la matrice d'immobilisation.


Où traite-t-on les déchets radioactifs ?


La grande majorité des déchets radioactifs produits et à produire en Belgique, qu'ils soient solides ou liquides, de faible, de moyenne ou de haute activité, est traitée dans les installations de Belgoprocess à Dessel, sur le site même où ils seront entreposés provisoirement en attendant qu'une décision soit prise en ce qui concerne leur
gestion à long terme (dépôt final).
Une partie des déchets des centrales nucléaires est traitée sur le site-même de ces centrales.


Le combustible nucléaire usé

Le combustible nucléaire usé des centrales nucléaires belges n'est pas traité à Belgoprocess. Deux options techniques existent pour leur gestion :
les retraiter ;
les entreposer provisoirement sur les terrains des centrales nucléaires, s'ils ne sont pas retraités.

Le retraitement du combustible nucléaire usé a lieu dans l'usine de COGEMA, à La Hague en France. Les crayons de combustible sont tout d'abord découpés. Pour réduire le volume de matières à considérer comme déchets radioactifs, le combustible nucléaire usé est alors versé dans de l'acide nitrique. Le résultat de cette dissolution est un liquide radioactif qui contient 97% de combustible réutilisable - sous forme d'uranium et de plutonium - et 3% de déchets hautement radioactifs, les produits de fission. Les 97% de combustible réutilisable servent à fabriquer du combustible nucléaire neuf (par exemple du MOX). Les 3% de déchets liquides hautement radioactifs sont vitrifiés, c'est-à-dire qu'ils sont mélangés à un verre spécial en fusion (un verre borosilicate) et coulés dans des emballages cylindriques en acier inoxydable où ils se solidifient en un produit homogène dans la structure duquel sont immobilisées les substances radioactives.

Le verre en fusion à sa sortie du four.
 


Les conteneurs qui renferment les déchets du retraitement de combustibles nucléaires usés belges par COGEMA ont une capacité de 150 litres et mesurent 1.34 m de haut pour 0.43 m de diamètre ; une fois rempli, un conteneur pèse en moyenne 450 kg et dégage une quantité de chaleur maximale de 2.000 watt, ce qui est comparable à la chaleur émise par un radiateur électrique. Le contenu de chaque conteneur correspond au retraitement de 1,5 tonne de combustible usé, soit la quantité de combustible nécessaire pour assurer la consommation électrique d'environ 116.000 foyers belges pendant un an.


 

 



(Illustration : maquette d'un conteneur en acier inoxydable dans lequel sont confinés 400 kg de déchets vitrifiés. La paroi de la maquette est ouverte, ce qui permet de voir la structure de verre en noir).

 

Outre les déchets vitrifiés, des déchets de structure et des déchets technologiques sont également produits lors du retraitement du combustible usé. Les déchets de structure (90%) proviennent du cisaillage des éléments de combustibles, tels que les coques et embouts. Les déchets technologiques (10%) se composent de matériaux mis au rebut et d'objets utilisés lors du retraitement, comme des pompes, conduites et robinets. Les déchets de structure et les déchets technologiques sont mis dans des fûts de 80 litres et ensuite comprimés au moyen d'une presse d'une puissance de 2000 tonnes. Les galettes ainsi obtenues sont placées dans un conteneur de 180 litres où elles sont bloquées mécaniquement. Ensuite, le conteneur est fermé par soudure. Le résultat est un conteneur de déchets compactés, aussi appelé CSD-C (abréviation de Colis Standard de Déchets - Compactés).

(Illustration : coupe d'un conteneur en acier inoxydable montrant les galettes de déchets compactés).

Les conteneurs en acier inoxydable se trouvant temporairement chez AREVA doivent être transportés en Belgique par chemin de fer (voir à ce sujet notre rubrique Transport). Un bâtiment d'entreposage spécifiquement conçu pour les accueillir existe en effet sur le site de Belgoprocess.

 

Si un terme vous échappe, n'hésitez pas à consulter notre glossaire.