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Recherches sur le stockage géologique

Le laboratoire souterrain HADES

Dans les années 70, les scientifiques du SCK.CEN ont réalisé des essais sur l'argile en argilières. Un premier cap a été franchi en 1987. Après des années de travaux d'excavation à l'aide de techniques manuelles, ils sont parenus à creuser, dans l'Argile de Boom, à Mol, à 225 mètres de profondeur, le laboratoire souterrain HADES. A cette époque, aucun pays n'avait jamais eu à creuser de puits et galeries dans l'argile peu indurée, à pareille profondeur. Depuis lors, une grande partie du programme de recherche scientifique consacré au stockage géologique se déroule à HADES. Depuis 2000, HADES est exploité par le GIE EURIDICE, le groupement d'intérêt économique créé par l'ONDRAF et le SCK.CEN.

Réalisable au plan industriel

En 1995, les chercheurs ont lancé le projet PRACLAY. Celui-ci vise à démontrer la possibilité de construire, au moyen de techniques industrielles, une installation de stockage dans de l'argile peu indurée. Le projet a soigneusement suivi les étapes que l'on mettrait en oeuvre si l'on devait construire une installation de stockage réelle. Au cours de la première phase du projet, un deuxième puits d'accès a été ajouté à HADES. Ce puits a ensuite été relié à la partie existant du laboratoire. En 2007, la galerie PRACLAY a été creusée perpendiculairement à la galerie de liaison pour y accueillir une expérience de chauffe à grande échelle : la seconde phase du projet PRACLAY. Toutes les phases du projet ont jusqu'à présent démontré que le stockage géologique dans l'argile peu indurée était industriellement réalisable.

Sûreté garantie

Pour être certain qu'une future installation de stockage soit sûre et réalisable techniquement parlant, l'ONDRAF a mené, ces dernières années, différentes expériences. Les scientifiques ont ainsi étudié l'influence des rayonnements radioactifs et des perturbations mécaniques sur les propriétés hydrauliques et chimiques de l'argile. Ils ont réalisé une étude sur la formation gazeuse et sur la dispersion des gaz dans l'argile. Les futurs emballages des déchets font eux aussi l'objet d'études approfondies. Des tests ont été menés concernant la manière dont les différents matériaux d'emballage réagissent au contact de l'argile.

 

 "La PROtection de l'homme et l'environnement constitue, en permanence, notre première priorité. Grâce aux recherches scientifiques approfondies, aux expériences in situ et de l'attention que nous protons à la contribution des experts et des diverses parties prenantes, nous sommes en mesure de continuer à affiner et à améliorer systématiquement le concept de sûreté."

 

Philippe Lalieux, Directeur Gestion à long terme

L'EXPÉRIENCE DE CHAUFFE PRACLAY 

 

Les expériences à petite échelle ont d'ores et déjà démontré que la chauffe n'altérait pas les propriétés de l'argile et ne compromettait pas non plus la sûreté du stockage géologique. Ces connaissances sont cruciales pour le stockage des déchets de haute activité dégageant de la chaleur. Si ces déchets sont stockés dans le sous-sol, l'argile tout autour des déchets se réchauffera.

L'expérience de chauffe à grande échelle PRACLAY a démarré en 2015. Dans cette expérience, les scientifiques simulent le réchauffement à un niveau qui est représentatif de celui d'une installation de stockage réelle. Durant la phase de démarrage, la température au contact entre la paroi de la galerie et l'argile a été portée à 80°C.

 

Cette température démeurera constante pendant dix ans. Au terme de ces dix années, l'expérience de chauffe sera démantelée. Ensuite, tant l'argile que la stabilité du revêtement en béton seront examinées de près. Cela est important pour la récupérabilité des déchets.

 

Qui paie les recherches ?

 

Synatom, une filiale d’Electrabel, finance la majeure partie de la recherche consacrée au stockage géologique. Ces dernières années, sa contribution au programme de recherche de l’ONDRAF atteignait en moyenne 9 à 10 millions d’euros par an. Ce montant couvre deux tiers de la partie générale de la recherche sur le stockage géologique. Synatom finance par ailleurs la recherche relative au stockage de matières fissiles irradiées. L’État belge est lui aussi financièrement responsable de l’assainissement d’installations mises à l’arrêt sur divers sites nucléaires, comme l’ancienne usine de retraitement Eurochemic.

C’est l’ONDRAF qui définit l’orientation de la recherche, mais les producteurs de déchets en assurent le financement.