Actualités

Follow us

23 juin 2017

Inspections et contrôles intensifs des déchets

Les déchets radioactifs entreposés font l’objet d’inspections et de contrôles intensifs.

Lors d’inspections dans le bâtiment d’entreposage des déchets de faible activité, deux fûts non conformes ont été identifiés. Récemment, l’ONDRAF a fait également effectuer des tests poussés, par les producteurs de déchets, des procédés que ceux-ci appliquent pour immobiliser leurs déchets. À la suite de ces tests, plusieurs procédés seront adaptés. L’ONDRAF ne prend non plus aucun risque pour la gestion à long terme des déchets. Avant qu’un fût de déchets soit définitivement stocké, il subira un contrôle approfondi de la qualité.

Les fûts de déchets radioactifs sont entreposés, en attendant leur mise en stockage, dans des bâtiments spéciaux situés à Dessel, en Campine. Dans ces bâtiments d’entreposage, l’ONDRAF et Belgoprocess (filiale industrielle de l’organisme) mènent régulièrement des inspections et contrôles. Ainsi voulons-nous repérer le plus vite possible les fûts potentiellement non conformes aux exigences afin qu’ils puissent être isolés et faire l’objet d'un suivi rigoureux. Nous avons récemment découvert de tels fûts lors d’une ronde d’inspection. Il s’agit de deux fûts de déchets de faible activité. Nous avons découpé ces fûts et les avons étudiés attentivement.

  • Un des fûts provenait de Tihange et avait été produit en 1987. Il avait déjà été déclaré non conforme en 2003 parce qu’il présentait une tache de rouille à l’extérieur, mais s'était encore dégradé davantage par la suite. Ce fût fait partie d’une campagne de 18 fûts ; 16 d’entre eux ont été à nouveau inspectés, mais aucun autre fût ne présentait de non-conformité.
  • L’autre fût, datant de 1997, contenait des cendres de l’incinérateur de l’installation CILVA pour le traitement des déchets de faible activité de Belgoprocess. Lors de l’inspection, nous avons constaté une substance blanche cristallisée qui débordait du fût. De l’eau s’était infiltrée dans la cendre, qui n’a pas été suffisamment séchée par la suite. D’après un contrôle des journaux de bord, il s’agit d’un incident isolé.

A aucun moment la sécurité des travailleurs et des riverains n’a été compromise.

 

Examen des procédés d’immobilisation

Après la découverte en 2013 de fûts de déchets présentant une formation de gel dans le bâtiment d’entreposage des déchets de faible activité, un programme intensif de contrôle et de recherche a été lancé. Il s’est rapidement avéré que ce gel ne s’était formé que sur des fûts traités à Doel et qu’il était le résultat d’une réaction alcali-silice (ASR – un phénomène connu dans le génie civil) dans le béton qui encapsule les déchets radioactifs. Afin d’étudier systématiquement la possibilité d’ASR dans les procédés d’immobilisation existants qui font usage du béton et/ou du mortier, il a été demandé à tous les producteurs de soumettre leurs composants à des tests approfondis.

Les tests ont révélé que le sable utilisé à Tihange pour l’immobilisation des déchets peut donner lieu, dans certaines circonstances, à une ASR. Certains fûts provenant de campagnes traitées avec ce sable ont déjà été ouverts en 2013, mais aucun d’entre eux ne présentait de formation de gel. Non seulement les composants, mais aussi les procédés d’immobilisation font l’objet de tests complémentaires. D’après un premier court test, le procédé utilisé à Tihange ne provoquerait pas d’ASR. Cela doit cependant être confirmé par d’autres tests à plus long terme. Afin d’exclure entièrement le risque d’ASR et de ne rien laisser au hasard, ENGIE Electrabel, l’exploitant de la centrale nucléaire de Tihange, a décidé d’adapter ses procédés de production. Elle étudie actuellement différentes pistes avec l’ONDRAF.

 

Gestion à long terme des déchets

Nous ne prenons non plus aucun risque pour la gestion à long terme des déchets. Avant qu’un fût de déchets soit stocké, nous en contrôlerons minutieusement la qualité. Nous étudions actuellement comment nous organiserons un tel contrôle structurel des fûts de déchets et quelle est la meilleure méthode pour ce faire. L’ONDRAF mène aussi en ce moment un programme de recherche afin de traiter les déchets qui ne répondent pas aux critères de qualité de façon à obtenir un produit fini stable conforme aux exigences d’une gestion sûre à long terme.

 

Conclusion : mesurer, c’est savoir

En contrôlant, testant et mesurant plus, nous sommes à même de repérer et d’examiner les fûts non conformes. Du point de vue de la sûreté, c’est une excellente chose. Ces contrôles plus fréquents et intensifs nous permettent de développer encore notre connaissance des déchets. Nous utilisons les constatations et découvertes scientifiques pour corriger et peaufiner les procédés et méthodes là où c’est nécessaire.

 

Qu’est-ce qu’une réaction alcali-silice ?

Une réaction alcali-silice (ASR) peut provoquer une formation de gel dans le béton et/ou le mortier qui encapsule les déchets radioactifs. Il s’agit d’une réaction chimique entre les alcalis des déchets, d’une part, et le silicium réactif présent dans les composants du béton et/ou du mortier, d’autre part. Le béton et/ou le mortier est composé de ciment et de granulats comme du sable et du gravier. La réaction alcali-silice entraîne l’apparition d’une substance gélatineuse, telle que celle qui a été découverte à la surface de la matrice de béton de certains fûts. Ce phénomène est connu dans les infrastructures en béton telles que les ponts et bâtiments.