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Garantir la sûreté tout en développant la biodiversité

Monolithes

Dans ses activités, l'ONDRAF recherche un équilibre entre quatre dimensions : environnement et sûreté, science et technique, éthique et société, et économie et finances. Mais c’est la sûreté de la population, des travailleurs concernés et de l’environnement qui prime tout au long de la chaîne de gestion des déchets radioactifs. Bart Van Assche, Coordinateur du service Sécurité, Santé, Environnement et Sécurisation, et Arne Berckmans, responsable de l’un des projets environnementaux de l’ONDRAF, nous en disent plus à ce sujet.

L’objectif général de la gestion des déchets radioactifs est de prendre en charge ces déchets de manière à protéger l’homme et l’environnement, aujourd’hui et dans un avenir très lointain, sans léguer des charges inacceptables aux générations futures. C’est pourquoi l’ONDRAF base ses activités sur des programmes de recherche scientifique qui garantissent les solutions les plus sûres, dans le respect des principes (inter)nationaux de sûreté et de l’environnement. 

La sûreté est-elle la priorité absolue de l’ONDRAF ?

Bart Van Assche : « Absolument. La gestion des déchets radioactifs doit être sûre pendant des centaines d’années pour les déchets de faible et moyenne activité et de courte durée de vie. Pour les déchets de haute activité et/ou de longue durée de vie, il s'agit de centaines de milliers d’années. Les solutions mises en œuvre par l’ONDRAF répondent à des normes (inter)nationales de sûreté dont les principes clés sont d’isoler, de confiner et de retenir la radioactivité. Des contrôles ont lieu tout le long de la chaîne de gestion des déchets. »

« La sûreté des installations d’entreposage et de stockage est basée sur le principe d’interposition de barrières multiples entre les déchets d’une part, et l’homme et son environnement d’autre part. Les substances perdent donc l’essentiel de leur radioactivité à l’intérieur du système d’entreposage ou de stockage. »

Il est parfois question de gestion active ou passive de la sûreté. De quoi s’agit-il ?

« La gestion à long terme des déchets radioactifs s’étale sur une perspective temporelle qui dépasse de loin la planification habituelle des activités humaines. C’est pourquoi nous distinguons deux types de gestion : active et passive. »

« La gestion active assure la sûreté et la protection de l’homme et de l'environnement en s’appuyant en permanence sur des actions humaines. La gestion passive, en revanche, assure la sûreté et la protection de l’homme et de l’environnement sans que l’intervention de l’homme ne soit nécessaire. Les générations futures n'auront donc pas à intervenir. »

Quand parle-t-on de sûreté et de sécurité ? 

« La sûreté nucléaire regroupe les dispositions techniques, humaines et organisationnelles mises en œuvre pour nous protéger contre une éventuelle dispersion de substances radioactives. La sécurité concerne toutes les mesures nécessaires à garantir la sécurité du personnel et des installations de traitement et de stockage des déchets. Il s’agit ici notamment de prévenir les accidents du travail ou les intrusions sur site. »

Bart Van Assche

« Les solutions mises en œuvre par l’ONDRAF répondent à des normes (inter)nationales de sûreté dont les principes clés sont d’isoler, de confiner et de retenir la radioactivité. »

Bart Van Assche, ONDRAF

Copyright: Roger Damen

Dans son processus de gestion des déchets radioactifs, l'ONDRAF veille aussi à préserver l'environnement et à développer la biodiversité, comme nous l'explique Arne Berckmans.

Quel est l’impact du projet de stockage en surface des déchets sur l’environnement ? 

Arne Berckmans : « Le projet de stockage en surface des déchets, à Dessel, est un vaste projet industriel qui a un impact sur son environnement. Mais nous le limitons, et nous sommes même parvenus à créer un impact positif. Conformément aux règles régionales et en étroite collaboration avec de nombreux partenaires, l'ONDRAF a élaboré un plan de gestion des paysages naturels, prévoyant des actions jusqu'en 2033. »

Quel est l’objectif de ce plan ?

« Ce plan vise à stimuler la biodiversité et encourager les loisirs doux dans la zone non bâtie du site de stockage qui s’étend sur quelque 70 hectares. Il prévoit notamment de restaurer la végétation originale des landes (la haie), d’éliminer les espèces végétales et arboricoles exotiques et de créer un biotope pour diverses espèces de petits animaux. Trois dépressions dans le relief ont été légèrement approfondies pour créer des étangs qui peuvent se dessécher en été. »

« Tout ceci fait partie d’un plan de gestion de terrain forestière approuvé par l’autorité régionale flamande « Agentschap voor Natuur en Bos (ANB) » et s’inscrit dans le cadre du Green Deal flamand sur la gestion des terrains industriels qui ne sont pas en exploitation. À terme, le site de stockage se transformera en un paysage varié de landes et de bois. »

L’ONDRAF a aussi rempli ses obligations de compensation forestière ? Qu’avez-vous réalisé concrètement ? 

« Il y a deux ans, quelque onze hectares de pinède, une végétation monotone qui n’admet pas d’autre végétation à cause du manque de lumière au sol, ont été déboisés sur le site de stockage en surface de Dessel. Une opération indispensable pour faire place à l’usine de caissons et aux modules de stockage dans lesquels les déchets de faible et moyenne activité et de courte durée de vie seront bientôt stockés.

« Quelques kilomètres plus loin fin 2020, l’ONDRAF a compensé cette pinède par une plantation de forêts de feuillus de grande qualité et d'une grande diversité . Plus de 22.000 arbres ont été plantés sur des parcelles de terrain appartenant à la commune de Dessel : chêne sessile, aubépine, prunellier, noisetier, ajonc, aulne noir. Ces terrains font partie du réseau Natura 2000 et répondent à la directive « habitats » de l’Union européenne. »

« L’ONDRAF contribue ainsi à la biodiversité d’une zone déjà en développement durable. Les habitants de Dessel et des alentours en profiteront quand ces plantations se seront bien développées. L’ONDRAF gère la maintenance de ces plantations pendant cinq ans, après quoi c’est la commune de Dessel qui prendra le relais. »

Arne Berckmans Nature

« Le projet de stockage en surface des déchets, à Dessel, est un vaste projet industriel qui a un impact sur son environnement. Mais nous le limitons, et nous sommes même parvenus à créer un impact positif. »

Arne Berckmans, ONDRAF

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